La
mise en scène du retour des corps des soldats français tués en
Afghanistan et les obsèques nationales organisées par l’Etat français
visaient d’abord à susciter l’émotion et à évacuer tout débat autour de
la question de la présence militaire française dans ce pays.
On
reconnaît là très bien les méthodes de ce pouvoir qui entend
dépolitiser tout ce qui peut faire débat, qu’il s’agisse de politique
intérieure ou internationale, en s’efforçant de simplifier à outrance
les enjeux et en infantilisant le plus possible une population dont le
seul acte politique doit se limiter à glisser un bulletin de vote dans
l’urne.
Car pour Sarkozy et ses ami-e-s, la cause est entendue, la
France, par sa présence militaire, doit aider l’Afghanistan à se
débarrasser du terrorisme et à instaurer la démocratie. C’est beau
comme du George Bush. Et c’est une façon de dire que la colonisation a
des côtés positifs. Le message apparaît d’autant plus lisse qu’il est
relayé avec l’approbation des médias et d’un Parti socialiste qui n’a
d’opposition que l’étiquette. Rappelons au passage que c’est le
gouvernement socialiste de Lionel Jospin qui, en 2001, a décidé l’envoi
de troupes françaises dans la région. Or, nous le savons, le
colonialisme quelle que soit la forme qu’il prenne n’a jamais libéré
aucun peuple mais a toujours contribué à l’asservir.
L’occupation
de l’Afghanistan par l’Armée rouge, puis par les troupes occidentales a
constitué un terreau pour le développement du fondamentalisme
islamiste. L’Afghanistan a souffert et continue de souffrir du
colonialisme synonyme de guerre, de sous-développement économique, de
pauvreté, d’oppression forcenée des femmes de lutte entre chefs de
tribus pour le pouvoir, lutte bien entretenue par les puissances
occupantes. Sarkozy se prétend « l’ami des Afghans », tout en refusant
l’asile politique aux réfugiés afghans que sa police pourchasse depuis
des années à Paris, à Sangatte et à Calais afin de les empêcher de
rejoindre l’Angleterre ou de s’installer en France et de les renvoyer
par le premier avion à Kaboul.
Enfin,
pour l’Etat français la présence de ses soldats a une visée idéologique
et économique : manifester sa solidarité avec la politique de
superpuissance de son ami Bush afin d’imposer leur modèle politique
commun au Moyen Orient et s’assurer le contrôle des ressources
énergétiques de cette région.
C’est pour toutes ces raisons
qu’Alternative libertaire appelle depuis 2001 au retrait immédiat des
troupes d’occupation d’Afghanistan tout en dénonçant le système
réactionnaire incarné par les talibans. Alors que Sarkozy veut
continuer à renforcer la présence des troupes françaises en
Afghanistan, nous appelons toutes celles et ceux qui refusent la
surenchère nationaliste et impérialiste de l’Etat français à se
mobiliser dans l’unité pour mettre un coup d’arrêt à cette aventure
militaire.
Alternative libertaire, le 25 août 2008