Afin d'y voir plus clair sur cette nouvelle option idéologique qu'est le néo-libéralisme, de posséder des armes intellectuelles et conceptuelles pour le définir, le mettre à nu et le combattre, par les actes mais aussi par les mots, nous vous recommandons chaudement la lecture du livre d'Alain BIHR, «LA NOVLANGUE NÉOLIBÉRALE, la rhétorique du fétichisme capitaliste»². Professeur de sociologie à l'Université de Franche-Comté (Besançon), Alain BIRH est l'auteur de nombreuses études sur le socialisme et le mouvement ouvrier. Également auteur de quelques ouvrages polémiques durant les années 1980, il est reconnu comme un spécialiste de l'extrême-droite française (en particulier du Front National) et du négationnisme (il a dirigé un important collectif intitulé Les Chiffonniers de l'histoire, 1997). Ses derniers travaux portent principalement sur le capitalisme. Il se définit lui même depuis toujours comme communiste libertaire. Je vous laisse le soin de le connaître mieux par l'intermédiaire d'un petit texte très important qu'il a livré sur le net «Lettre ouverte à mes camarades libertaires».
Son livre est d'un accès facile et peut être lu par des entrées différentes. En effet, il comporte 18 chapitres où il explicite à chaque fois en très peu de pages la signification de ce qu'il nomme des mots valises ou/et des mots écrans. Ces mots, dont la signification «Orwellienne» est le fruit du discours et de la rhétorique néo-libérale, ont été fourvoyés dans leur sens initial ou créés de toute pièce dans une logique de déconstruction/reconstruction de la réalité qui correspond à cette volonté idéologique de formater des esprits aptes à suivre en petits soldats dociles les injonctions du capital. Ainsi, par exemple, les mots état, égalité, insécurité, réforme, marché, propriété, fonds de pension, dette publique pour ne prendre que ceux-là sont décortiqués et passés à la loupe de la critique analytique. Nous arrivons alors à des conclusions qui sur les plans socio-économiques et politiques sont les pendants des formules d'Orwell du type «la guerre, c'est la paix», «la liberté, c'est l'esclavage», «l'ignorance, c'est la force»
Ce livre est un outil de base et de surcroît essentiel pour que chacun puisse identifier les maux contre lesquels il lutte et surtout pour que nous sachions tous de quoi il en retourne quand nous employons des concepts ou des mots falsifiés par la novlangue néo-libérale. A en juger par le nombre et la férocité des commentaires que ce livre suscite sur les sites internet de la Droite décomplexée, mais aussi de la part de sociaux-libéraux bien pensant justement, on peut en conclure que c'est le genre d'ouvrage qui touche là où ça fait mal, au coeur même du système, là où ils façonnent l'imaginaire capitaliste avec leurs mots. Le Roi est nu! Quand nous vous dirons qu'en prime, ce livre s'achève sur un «petit dictionnaire des idées reçues du néo-libéralisme», style conversations courantes du café du commerce extrêmement drôle, il ne vous restera plus qu'à courir en librairie ou le commander sur internet. Un kit militant par excellence!
1/ Agone, Laltiplano, Aden, Homnisphères, La Fabrique, La Découverte/MAUSS (mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales), L'échappée, climats chez Flammarion, Ecosociété, Syllepse....
2/ Éditions PAGE DEUX, collection «cahiers libres», Lausanne, 16 €.




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