forum social
RENCONTRES SOLIDAIRES
les vendredi 19 et samedi 20 avril aux tanneries
Forum Social autour des luttes des luttes indigènes en Amérique notamment.
Cet espace est né de la volonté de réunir des personnes de diverses cultures et milieux sociaux autour de projets de rencontres engagées solidaires populaires et culturelles. Celles ci s'articuleront autour de projections, de débats, de concerts,de performances artistiques et d'ateliers pratiques divers, le but étant de partager nos savoirs, nos savoirs faire, nos expériences et nos ressentis...de reduire ainsi nos dépendances au système, d'abattre les barrières, les valeurs mercantiles et productivistes, les barbelés, les prejugés que le système a érigé dans nos têtes, de construire ensemble des espaces de résistance, d'échange et de liberté.
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Concert de soutiens aux Indiens Màpuche le Samedi soir avec:
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|__DR LARRY & URBAN ___|
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FEMMES REBELLES
LA STRUCTURE ZAPATISTE IMPULSE L'ACCESSION AU POUVOIR DE SA COMPOSANTE FÉMININE.
Des dizaines de femmes zapatistes, dont beaucoup d'indigènes maya tzeltal des basses terres du Chiapas, parées de plumes et de rubans multicolores, leurs yeux sombres encadrés par des passe-montagnes noirs, sont sorties du rustique auditorium sous les applaudissements de centaines de féministes internationales, réunies pour la session inaugurale de la Rencontre des femmes zapatistes avec les femmes du monde, qui s'est tenue à la fin de l'année dernière à l'invitation de l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN).
À la fin juillet, au terme d'une réunion avec des paysans d'une dizaine de communes dans le hameau connu sous le nom de La Realidad, Everilda, une jeune rebelle de cette communauté, sans l'accord préalable du commandement général de l'EZLN, à ce qu'il semble, a convoqué cette rencontre de toutes les femmes, en expliquant que les hommes étaient invités pour donner un coup de main à la logistique, mais qu'il valait mieux qu'ils restent à la maison à s'occuper des enfants et des bêtes pendant que les femmes conspiraient contre le capitalisme.
Cette rencontre a eu lieu du 29 au 31 décembre 2007, dans cette localité officiellement appelée Commune autonome Francisco Gómez, et elle a rendu hommage à la mémoire de feue la commandante Ramona ; y ont assisté entre 300 et 500 femmes militantes non mexicaines. Et, conformément à ce qu'avait dit Everilda, les hommes y ont décidément joué un rôle secondaire.
Des écriteaux placés autour du Caracol (centre culturel et politique zapatiste) appelé "Résistance vers un nouveau matin" prévenaient les hommes qu'ils ne pouvaient pas remplir les fonctions de "porte-parole, traducteurs ou représentants lors des sessions plénières".
À la place, leurs activités se borneraient à "préparer et servir à manger, faire la vaisselle, balayer, nettoyer les latrines, ramasser du bois et s'occuper des enfants".
De fait, quelques jeunes hommes zapatistes ont passé des tabliers où étaient imprimés des mots comme "tomate" et "EZLN" pour travailler dans les cuisines.
Pendant ce temps, les hommes les plus âgés s'asseyaient en silence sur des bancs de bois un peu à l'écart de l'assistance, échangeant parfois des signes approbateurs quand une compañera développait un bon argument, ou souriant fièrement après que leur fille, leur épouse, leur sœur ou leur mère eurent raconté leurs histoires aux auditrices.

LES FEMMES GAGNENT DU TERRAIN
Le rôle de la femme à l'intérieur de la structure zapatiste a changé radicalement depuis la préparation de la rébellion. Quand les fondateurs de l'EZLN, radicaux des villes du nord du Mexique, sont arrivés pour la première fois sur les basses terres tzeltal-tojolabal du sud-est du Chiapas, les femmes étaient maintenues par leurs maris dans le monolinguisme ; c'était un moyen de contrôle. Elles se consacraient à élever leur famille, et leur position se situait à l'arrière-plan de la communauté.
Ceux qui sont venus du dehors ont offert l'indépendance aux jeunes filles et les ont invitées à participer aux camps d'entraînement dans la montagne, où elles allaient apprendre à manier une arme, ainsi que des notions d'espagnol. Elles sont devenues ainsi partie prenante de la force combative de l'EZLN.
Le 1er janvier 1994, quand les zapatistes ont pris les villes de San Cristóbal et Ocosingo et cinq autres chefs-lieux, les femmes constituaient un tiers de l'armée rebelle. Des combattantes se sont sacrifiées dans la sanglante bataille d'Ocosingo.
Intégrer les femmes à la structure militaire a finalement été plus facile que cultiver leur participation à la structure civile, à cause des habitudes enracinées dans la vie des communautés. Bien que les femmes aient occupé cinq places sur les dix-neuf dans le Comité clandestin révolutionnaire indigène*, le commandement général de l'EZLN, leur représentation est bien moindre dans les vingt-neuf conseils municipaux autonomes et les cinq Conseils de bon gouvernement qui administrent l'autonomie régionale zapatiste.
Mais, au fur et à mesure que se développait l'infrastructure sociale zapatiste, les femmes sont devenues animatrices de santé et d'éducation, et ont dirigé les commissions qui planifiaient ces campagnes.

BAS NIVEAU DE VIOLENCE
La libération des femmes dans la culture zapatiste s'est vue renforcée par l'interdiction de la consommation d'alcool imposée par les zapatistes dans leurs communautés. Alors que de nombreuses localités mayas de l'intérieur, comme San Juan Chamula, sont saturées par l'alcool et des chiffres élevés de violence domestique, la région zapatiste a les indicateurs les plus bas de l'État en matière d'abus, selon les données révélées par la commission des femmes du Congrès du Chiapas.
En tant qu'État, le Chiapas a l'un des taux les plus élevés de féminicides du Mexique : 1 456 femmes y ont été assassinées entre 2000 et 2004. Le bas niveau de violence contre les femmes dans la zone d'influence zapatiste est d'autant plus remarquable qu'une grande partie du territoire rebelle, dans les basses terres, jouxte le territoire guatémaltèque, où 500 femmes sont assassinées chaque année.
Tandis que les hommes s'occupaient des enfants et nettoyaient les latrines, les femmes ont raconté leurs histoires dans les assemblées.
Beaucoup de jeunes compañeras comme Everilda ont grandi dans la révolution – qui fête cette année son quatorzième anniversaire – et ont rapporté qu'elles ont appris à lire et à écrire dans les écoles rebelles ; elles ont raconté leur travail comme animatrices sociales, comme institutrices, comme paysannes ou comme mères.
Les grands-mères zapatistes ont parlé des premières années de la rébellion. Des commandantes chevronnées, comme Susana qui a parlé avec émotion de Ramona, "la plus petite des petites", sa compañera de tant d'années, ont rappelé comment dans la guerre les hommes et les femmes ont appris à partager les tâches domestiques comme faire la cuisine ou laver le linge.
"Beaucoup parmi les compañeros ne veulent pas encore comprendre nos demandes", a affirmé la commandante Sandra. "Mais nous ne pouvons pas lutter contre le mauvais gouvernement sans eux."
John Ross "Noticias Aliadas", 21 février 2008.
* Pour autant qu'on le sache, ces chiffres sont fantaisistes, on en laissera donc l'entière responsabilité à l'auteur. Cela n'invalide pas pour autant le reste du propos (NdT).
Traduit par el Viejo.

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