Manifeste- free party is dead
Après plus de 10 ans d'existence, force est de constater que la free party, cette comète qui a marqué nos vies et mis en appétit nos plus folles espérances, n'est plus que l'ombre d'elle-même.
Les valeurs et les espoirs que l'on trouvait dans ces fêtes sont aujourd'hui éteints, ou tellement affaiblis que l'on n'en discerne plus la lueur en ces pénombres actuelles qu'elles traversent.
Quand l'outil n'est plus à même de fournir l'aide pour laquelle on l'a appelé, il faut savoir l'abandonner, même s'il a tant marqué nos vies pour un moment. Jetons un dernier regard sur ce que sont devenues ces fêtes aujourd'hui, avant de clore le chapitre et de s'ouvrir sur l'avenir.
La free party est aujourd'hui ce qu'elle aurait pu être de pire : un CLICHÉ.
Et la carte postale n'est pas belle. On défendait des valeurs écologiques, des idées de retour à la nature, et voilà qu'aujourd'hui on pourrit tout, plus sauvagement encore que ne le faisaient ceux que l'on considère comme nos ennemis. Ici, le saccage est gratuit.
On revendiquait des idées d'ouverture, de découverte, de recherche et d'innovation artistique, et voilà qu'en tout domaine ces valeurs sont renversées :
# La musique se standardise et se referme sur elle-même et le public n'en demande pas mieux.
# Les autres activités artistiques ne se renouvellent pas, elles s'amoindrissent au contraire, et rien de nouveau ne vient alimenter la fête qui s'étouffe et agonise.
# La drogue n'est plus là à des fins initiatiques, mais est utilisée de manière barbare, irréfléchie, insensée. D'outil, elle est devenue PRODUIT.
# Les gens ne fraternisent plus, ils sont anesthésiés par les produits, refermés sur eux-mêmes, paranoïaques, violents, avides d'argent. Ils ont reproduit en pire l'ambiance et les schémas sociaux habituels dans ces îlots d'espoir qu'étaient les free.
# La fête, de lieu de liberté et d'expérimentation, est devenue supermarché grotesque, prétexte à tous les abus et à toutes les incohérences. Elle a perdu son âme, et tout le monde semble s'en contenter. C'est le règne de l'absurde.
La free party n'est plus qu'un prétexte pour détruire et se détruire. Certes, beaucoup de contre-exemples, beaucoup de petits espoirs peuvent çà et là remettre en doute ces propos, mais une observation générale montre bien à quel point la chose est pervertie.
Il faut aujourd'hui continuer à se battre sur d'autres terrains, en d'autres lieux et de manière différente. Rien n'est jamais fini, et surtout pas l'espoir. Autre chose va naître, ailleurs, sous une autre forme, c'est peut-être déjà en cours et c'est à nous d'être assez vigilant pour y participer.
(manifeste reçu sur la boite des tanneries et assez pertinent! non? kamarad punks?)
Ras la bol de la misère!
Salaire de misère, paye de merde, fin de mois difficiles, factures, dettes, acomptes, allocations, pas d’augmentations, surendettement, hausse du loyer, dents pourries, toujours des pâtes, pas de vacances, se serrer la ceinture…
RAS-LE-BOL !
Le revenu salarial n’a connu aucune progression de son pouvoir d’achat de 1978 à 2005 soit en 27 ans ! (Les Salaires en France, INSEE-Références, éd. 2007).
De 2000 à 2005, le revenu salarial de tous les salariés du privé (temps partiel compris) a baissé de 0,1% par an. Celui des fonctionnaires a perdu 5% sur la même période. 700.000 ménages sont surendettés (dont 31% à cause d’une perte d’emploi) et 1,5 million ont des difficultés à rembourser leurs dettes.
En 2007, hausse des prix des céréales (+95%), du lait (+20%), du beurre (+40%) entre autres. 38% de hausse pour les prix de l’essence depuis 2004. 37,7% de hausse des loyers depuis 1998.
Le CAC 40 est né en 1987. Sa valeur a augmenté de 1900% depuis. Pour Total c’est +2516% (non, ce n’est pas le taux de pollution des plages bretonnes).
De 1993 à 2006, pendant que la richesse créée (PIB) augmentait de 33%, les revenus financiers des entreprises, eux, augmentaient de 162%. Cela fait des années que les exonérations de cotisations sociales n’ont aucun effet sur la création d’emploi. Et pourtant cela représente plus de 26 milliards d’euros par an. Cet argent ne rentre donc pas dans les caisses de sécu, retraite… Après on vient nous parler du déficit des caisses !
Le revenu moyen d’un patron du CAC 40 est de 3,8 millions d’euros par an (316 années de SMIC). Pour Louis Schweitzer (Renault) c’est 12 millions en 2006, 7 millions pour Franck Riboud (Danone)…
En 2006 : 100 milliards d’euros de bénéfice pour les entreprises du CAC 40.
ALORS ! LA FRANCE VA MAL ? L’ÉCONOMIE EST EN PANNE ? NON !
C’est nous les classes populaires qui allons mal ! Nous les salariés, les fonctionnaires, les chômeurs, les Rmistes, les étudiants, les retraités… Nous les exploités, les esclaves des temps modernes, les usés et abusés. C’est nous qui allons mal.
De la richesse il y en a et un sacré paquet ! Mais ce ne sont que quelques-uns qui se la gardent (eh oui m’dame !). Ils se la partagent dans des salons discrets et dans les temples boursiers. Cela fait des décennies que ça dure et nous ne disons rien ?! Il est temps de se réveiller, de réapprendre le mot Lutte. Il est temps de redresser la tête et de dire Stop à nos patrons. Cela ne viendra pas tout seul, nous devons nous unir pour engager cette bataille face au pouvoir du fric, face à ces parasites que sont les patrons et les actionnaires.
RETROUVONS LE CHEMIN DE LA RUE ! VIVE LA BATAILLE SYNDICALE !
Tract distribué par l’Union départementale des syndicats CNT du Rhône

[ Retour vers le haut / Back to top ]