** soirée d’infos mercredi 30 janvier à 18h aux Tanneries, 17 bvd. de Chicago **
### Avec une projection du film « Le temps des biomaîtres » ###
De nouveaux systèmes de contrôle biométriques se répandent dans les
lycées et collèges français (d’ores et déjà au collège des Lentillères à
Dijon). Nous invitons les parents d’élèves, personnels, profs et élèves,
mais aussi toutes les autres personnes se sentant concernées à une
soirée d’information et projection à ce sujet mercredi 30 janvier à 18h
à l’Espace autogéré des Tanneries.
Système de lecture d’iris, des empreintes digitales, du réseau veineux
de la main...un fichage de notre corps se répand dans le but de
contrôler notre accès à différents espaces du quotidien. Après l’aperçu
vidéo-documentaire des différentes technologies biométriques utilisées
dans le monde, nous discuterons de leur actualité : dans les logiques de
surveillance et de contrôle actuelles, dans les projets du gouvernement
et dans le privé, en France et à Dijon.
Nous tenterons de questionner ces logiques sécuritaires, ainsi que les
réalités industrielles et l’impact social de la biométrie. Et de tracer
quelques perspectives de résistance, notamment en vue d’une campagne
d’information dans les établissements scolaires dijonnais.
Pour commencer à aborder cette problématique, nous vous conseillons la
lecture d’un article paru dans Blabla nº 2 sous forme d’appel sur la
biométrie aux élèves, parents, professeurs et personnels de l’éducation
nationale, appel déjà distribué dans de nombreux lycées français :
http://www.brassicanigra.org/blabla/numero-2/avis-aux-eleves-parents-professeurs-et-personnels-de-l-education-nationale.html
Voici par ailleurs un appel sur le même sujet distribué dans les lycées
parisiens :
Lycéens, Lycéennes,
Le contrôle biométrique qui s’est invité aux portes de votre lycée/à la
cantine de votre lycée n’est pas anodin. Humiliant, inquiétant et
aliénant, c’est un contrôle indigne de notre statut de personne, et
complètement disproportionné. La biométrie, au contraire d’une carte ou
d’une paire de clés, met un logiciel et une banque de données en prise
directe avec l’anatomie de la personne (iris de l’œil, forme du visage,
gabarit de la main, ADN...). C’est la version informatique de
l’anthropométrie, une technique inventée par la police au XIX° siècle,
utilisée pour reconnaître et ficher les criminels. Depuis 2003, les
prisons françaises en sont équipées ; on s’en sert aussi pour dépister
les immigrés clandestins aux frontières. Bientôt, le gouvernement va
nous imposer une carte d’identité biométrique obligatoire. Avec les
caméras qui sont déjà partout et le fichier des visages numérisés
(biométrie faciale), toutes les administrations, les polices, les
milices et les publicitaires pourront savoir qui est où et qui fait
quoi...
Ça paraît branché, « c’est comme dans Minority Report », « c’est plus
pratique comme ça » : voilà le type d’arguments minables qui servent à
légitimer ces machines. Mais comme la télésurveillance, les écrans
omniprésents, la multiplication des cartes à puce, la biométrie est
l’une de ces choses du quotidien qui rendent les relations entre les
gens de plus en plus automatiques, de plus en plus contrôlables, de plus
en plus violentes. On ne discute plus : c’est la machine qui décide,
c’est l’ordinateur qui sait. Les gens deviennent des objets que l’on
gère et qui n’ont plus leur mot à dire. Qui parlait de société libre ?
De plus en plus, sur leurs lieux de vie, les salariés, les lycéens, les
prisonniers, les immigrés sont tracés, triés, séparés. Qui parlait de
société libre ?
À mesure que s’impose ce genre de gadgets, il devient de plus en plus
difficile de se révolter contre le pouvoir de l’État et des entreprises.
Il devient de plus en plus suspect de s’exprimer.
Il suffit pourtant de peu de choses pour qu’on remballe ces machines. À
Gif-sur-Yvette, dans l’Essonne, les machines ont été détruites pendant
une action commando. Au lycée Ravel, à Paris, les profs et les élèves
ont fait pression : la proviseure a retiré les bornes au bout de
quelques semaines. Ce n’est qu’un début.
Quels bénéfices ?
Peut être pensez vous que c’est pour plus vous faciliter la vie que
l’installation de ces machines se développe en milieu scolaire.
Dans son livre bleu, rédigé en juillet 2004 pour le gouvernement, le
GIXEL (Groupement des industries de l’interconnexion des composants et
des sous-ensembles électroniques) est très clair. A la rubrique «
Acceptation par la population » il écrit :
« La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques
comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire
accepter par la population les technologies utilisées et parmi
celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles.
Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs
publics et les industriels pour faire accepter la biométrie.
Elles devront être accompagnées d’un effort de convivialité par
une reconnaissance de la personne et par l’apport de
fonctionnalités attrayantes : Education dès l’école maternelle,
les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans
l’école, en sortir, déjeuner à la cantine, et les parents ou
leurs représentants s’identifieront pour aller chercher les
enfants. Introduction dans des biens de consommation, de confort
ou des jeux : téléphone portable, ordinateur, voiture,
domotique, jeux vidéo. »
Tiens, au fait…
Ces machines de contrôle sont encore soumises à un semblant
d’encadrement juridique. :
Vous êtes mineurs, votre enrôlement (et oui, c’est comme ça
qu’on appelle l’enregistrement de vos empreintes) a-t-il reçu
une autorisation préalable de vos parents ou représentants
légaux ? Avez-vous été informé de votre droit de refuser et de
la possibilité de vous retirer du dispositif et de faire effacer
vos enregistrements si vous le souhaitez ? les membres du
personnel ont-ils été informés de cette installation en comité
d’entreprise, ainsi que de leurs droits ? Si une de ces
conditions n’est pas remplie c’est qu’elles sont installées
illégalement et doivent être arrêtées. Et toc.



