Contre la LRU et son monde : dans les facs, lycées, sur le pavé et sur
les rails brisons l'offensive sécuritaire et libérale !
Des banlieues aux centre-villes, les manifestations de rage qui avaient
suivi l'élection de Sarkozy montraient que beaucoup ne comptaient pas se
laisser faire face à la France de la peur et des nantis, celle de
l'apartheid social et post-colonial.
Effectivement, l'agitation sociale grandit ces dernières semaines: des
cheminots paralysent le pays, des marins-pécheurs insultent le président
et s'emparent des dépôts de pétrole, des électricien-ne-s coupent les
lignes, des avocat-e-s bloquent les tribunaux, les routiers menacent de
reprendre les routes, des mal-logé-e-s occupent trottoirs et bâtiments
sans se laisser évacuer, des instits et parents d'élèves empêchent les
policiers de s'emparer des gamins de sans-papiers à la sortie des
écoles, des habitant-e-s des quartiers populaires contre-attaquent face
à la répression, et, de leur côté, des dizaines de milliers
d'étudiant-e-s entrent en résistance: plus de 30 universités sont déjà
en grève, dont 20 ont voté le blocage et l'arrêt total des cours, contre
la loi Pécresse.
Votée en douce pendant l'été, cette Loi Pécresse (aussi appelée LRU)
place les facs sous la coupe d'intérêts privés, et soumet l'enseignement
aux impératifs du marché. Au programme: disparition progressive des
filières moins rentables, financement des établissements par des
entreprises et gestion des facs comme des entreprises, inégalités
croissante entre les facs et des diplômes, hausse progressive du prix
des inscriptions... Il y a deux ans, le gouvernement avait dû reculer
devant la mobilisation dite « anti-CPE », mais aujourd'hui le pouvoir
revient à la charge : cette fois-ci, il ne s'agit plus de
l'asservissement pendant deux ans, mais de mettre l'enseignement
supérieur au service du patronat local.
Cette logique de marchandisation, on la retrouve partout: dans la
politique de gestion de l'immigration (CESEDA, Hortefeux, immigration
choisie) ou dans les attaques contre les fonctionnaires (réformes des
retraites, suppressions de postes,...) avec en parallèle des
restrictions du droit de grève. Pendant ce temps, le gouvernement fait
15 milliards annuels de cadeaux fiscaux aux parasites les plus riches et
offre aux entreprises des stagiaires gratos ou des précaires kleenex
forcé-e-s à accepter des tafs de merde (Revenu Social d'Activité / RSA).
Afin de mater les pauvres et d'étouffer les révoltes qui ont embrasé la
france depuis novembre 2005, Sarkozy généralise le fichage ADN, le
contrôle biométrique dans les lycées, la vidéo-surveillance, les peines
planchers, la construction de prisons pour mineur-e-s, opère des rafles
dans les quartiers populaires et les fait quadriller par des voitures de
bac et des pelotons de CRS...
Si nous dénonçons la loi Pécresse/LRU, c'est donc dans une logique
globale. Cette loi n'est qu'une brique de plus dans un mur d'oppression,
qu'il s'agit de faire tomber. Reste à nous en donner les moyens!
Faire grève, bloquer les facs, les lycées...
C'est mettre tout le monde sur un pied d'égalité, construire une
solidarité pour que ceux qui luttent, les lycéen-ne-s grèvistes,
étudiant-e-s boursier-e-s ou étranger-e-s ne se retrouvent pas
discriminé-e-s. C'est permettre à un tas d'autres de pouvoir rejoindre
le mouvement et leur ouvrir un espace protégé. C'est s'organiser et
faire pression ensemble pour que tout le monde ait ses exams et son année.
C'est se donner un espace et du temps pour s'organiser. C'est créer une
brèche dans une vie cadrée au millimètre pour nous rendre corvéable et
jetable, consommant et consommable. C'est faire l'expérience dans la
lutte d'aventures collectives, d'organisations autonomes, d'intensités
et d'entraides qui rendent tangibles d'autres perspectives, d'autres
insoumissions.
C'est oser commencer, malgré la chappe de plomb des médias, des partis
politiques, des patrons et dirigeants des syndicats, de tous ceux qui
tiennent le crachoir et voudraient nous faire croire que la soumission
au libéralisme est la seule voie. Les luttes ouvrières, la résistance au
fascisme, les mouvements sociaux en général ont toujours été amorcés par
des personnes qui osaient aller à contre-courant et pousser le conflit
dans des sociétés dites "démocratiques" où une "majorité" silencieuse se
résignait souvent à se laisser exploiter et à laisser des minorités se
faire écraser.
C'est rejoindre la vingtaine d'autres universités déjà occupées en
France et marquer un refus net des expulsions par les CRS comme ça été
le cas la semaine dernière à Nantes, Tolbiac ou Aix. Il y a quelques
années encore, les universités étaient interdites aux flics. Battons
nous avant qu'il ne soit trop tard pour montrer que du droit de grève
aux occupations, l'Etat ne pourra nous couper de nos moyens de lutte !
C'est enfin faire la démonstration d'une solidarité concrète avec tous
les autres groupes sociaux en résistance et poser les bases d'une
convergence.
Agir concrètement, enrayer le fonctionnement des institutions, les fluxs
économiques
C'est partir du constat que l'Etat ne craint ni les marches
pantouflardes, ni les débats cadrés, ni les demandes polies.
C'est comprendre que, des acquis sociaux grignotés au long de siècles
derniers, jusqu'au retrait du CPE, toutes nos victoires partielles ont
été le prix de rapports de force déterminés.
C'est élaborer des stratégies nouvelles mais aussi s'inspirer de
méthodes qui ont marché dans le passé : assemblées générales et
assemblées populaires, manifestations sauvages, perturbations de
réunions officielles, poses de banderole, bloquages de routes, de
centres de tri postal, d'aéroports, de gares, de chantiers, des
occupations de bâtiments institutionnels, des sabotages, des
déménagements d'agence d'interim ou d'instance patronales, des
autoréductions collectives dans les magasins des organisations en groupe
affinitaire pour agir, redécorer les rues, ériger des barricades et
briser les barrages policiers pendant les manifs,... Sans oublier la
nécessité de développer nos propres médias face à la presse et aux télés
sarkozistes, et de faire preuve d'une solidarité intraitable avec
tou-te-s les victimes de la répression.
encadré : Les lycéen-ne-s sont aussi concernés...
Le mouvement reste pour l'instant centré sur les facs mais il faut qu'il
puisse s'étendre, notamment aux lycéens qui vont être les premiers
concernés par la LRU, la hausse du prix des inscriptions et la
marchandisation de l'université.
A partir d'un petit nombre de personnes et sans attendre l'aval des
organisations politiques et syndicales, il est possible d'appeler à une
assemblée générale, de prendre des salles, d'organiser des piquets de
grèves, de sortir des tracts, de passer à la fac pour rencontrer des
gens déjà en lutte.
Manifestation mercredi 14 à 11h30 devant la Préfecture.
Journée de grève nationale et manifestation mardi 20 à 14h place de la
Libération.
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