Nous, étudiants réunis en coordination nationale, représentant les
assemblées générales de universités, constatons que la mobilisation prend
chaque semaine de l’ampleur contre la LRU et les attaques du gouvernement.
Plus de 50 assemblées générales ont eu lieu cette semaine, réunissant des
dizaines de milliers d’étudiants. Plus de 25 universités sont en grève,
dont plus de 15 ont voté massivement le blocage et l’arrêt total des
cours. La mobilisation des étudiants s'annonce donc massive. Des
assemblées générales sont prévues cette semaine dans presque toutes les
universités.
Nous refusons la LRU parce qu’elle vise à démanteler le service public
d’enseignement supérieur, amorcé depuis plus de 30 ans à travers de
nombreux projets de lois (loi Faure, Projet De Waquet, Plan U3M, LMD, Loi
de Modernisation des Universités), dont l’objectif principal est la mise
en concurrence des universités à l’échelle mondiale comme aux niveaux
nationnaux. La LRU va vers la privatisation des universités, augmentant
ainsi le poids des entreprises et du privé. Les universités pourront être
gérées comme des entreprises par des présidents tous puissants et des
conseils d’administration avec encore moins de contrôle démocratique.
Ainsi, les universités seront mises en concurrence avec comme conséquence
une baisse du financement des filières considérées comme non rentables,
une dégradation des conditions d’études dans les universités, et une
augmentation de la sélection envers les étudiants. La loi instaure une
pré-sélection des lycéens à l’entrée de l’université et facilite à terme
l’augmentation des frais d’inscriptions. Nous appelons l’ensemble des
lycéens-ennes à se mobiliser et à bloquer leurs établissements.
De plus, les personnels enseignants comme non enseignants seront
précarisés et gérés directement par la présidence des universités : c'est
la casse de leur statut qui est programmée.
Cette réforme n'étant ni négociable, ni amendable tant au niveau national
que local, nous exigeons son abrogation.
La LRU n'est qu'une des mesures qui s'inscrivent dans la logique globale
de casse de l'éducation, des services publics, et de l'ensemble des droits
sociaux.
Nous exigeons un cadrage national des diplômes, une augmentation des aides
sociales et du budget de l’enseignement supérieur, ainsi que la
suppression des frais d'inscription. En particulier, nous exigeons le
rétablissement des 22000 postes de fonctionnaires supprimés cette année
dont les 11200 dans l'éducation nationale.
Nous exprimons notre solidarité avec les luttes des salariés qui se
déroulent en ce moment et avec leurs revendications : contre la remise en
cause des régimes spéciaux et pour le retour aux 37,5 annuités pour tous ;
contre les franchises médicales ; contre la précarisation des statuts de
la fonction publique. Cette solidarité ne doit pas être un vain mot elle
engage tous les acteurs du mouvement social à travailler et à lutter
ensemble. Nous dénonçons également la stigmatisation des immigrés et nous
exigeons l’abrogation des lois anti-immigrés en particulier la loi
Hortefeux, la régularisation de tous les sans-papiers et la fermeture des
centres de rétention, et la fin des rafles. Au rouleau compresseur du
gouvernement nous opposons la convergence des luttes tous les secteurs
attaqués, qui seule pourra le faire céder.
Le gouvernement fait fermer les universités bloquées et envoie les CRS
dans celles qui sont occupées. A la mobilisation, le gouvernement répond
par des pseudo promesses et par une répression dans les universités, nous
appelons au boycott et blocage des commissions de mise en place de la LRU.
Nous condamnons fermement les fermetures administratives et les
agissements de la police. Face aux référendums organisées par les
administrations nous affirmons la seule légitimité des Assemblées
Générales et des comités de grèves pour décider des suites du mouvement.
Les votes à bulletins secrets doivent être empêchés car ils nuisent au
mouvement.
Nous appelons la population à soutenir notre mobilisation, celle des
cheminots et la grève du 20 novembre dans la fonction publique. C’est par
une lutte de tous et pour tous, que nous pourrons faire céder le
gouvernement.
Nous appelons les étudiants à se mettre en grève dès maintenant, à
construire la lutte avec piquets de grève, blocage et occupation à
discuter et convaincre autour d’eux pour construire un mouvement encore
plus massif. Nous appelons tous les personnels des universités à nous
rejoindre dans la grève.
Nous appelons à une journée nationale d'action de blocage des gares le
mardi 13 Novembre.
Nous appelons à manifester aux côtés des cheminots le 14 ou le 15 novembre
selon les villes. Nous appelons à manifester massivement le 20 novembre
avec la fonction publique.
Nous appelons les salariés du public comme du privé à se saisir de ces
dates pour nous rejoindre dans la grève, car c'est tous ensemble étudiants
lycéens travailleurs que nous ferons céder le gouvernement.
La coordination ne reconnaît pas et condamne toute négociation de syndicat
ou organisation avec le gouvernement car l’objectif est la mise en place
d’un rapport force, le seul moyen de satisfaire nos revendications.



