Compte-rendu du rassemblement de soutien et de l'audience
Informations complémentaires: Tract
Le mardi 12 juin à la cité judiciaire de Dijon, six personnes sont passées en procès suite à une occupation du consulat du Mexique à Dijon. Un rassemblement de soutien a mobilisé jusqu'à 80 personnes entre 15h et 20h à l'entrée du tribunal. Un exposition de photos sur les luttes à Oaxaca ainsi qu'une banderole annonçant « ici comme au Mexique, solidarité contre la répression » interpellaient les passant-e-s. De nombreux tracts d'information sur les luttes sociales au Mexique ont été distribués à cette occasion (voir lien Internet).
Lors de l'audience, divers témoins ont insisté sur le caractère arbitraire des accusations et des arrestations. Tant et si bien, que le procureur lui-même a convenu que les délits de vol et violence ne tenaient pas et s'est contenté de demander une amende symbolique pour la violation de domicile qu'aurait constitué l'occupation. Les avocat-e-s des inculpé-e-s se sont donc attaché-e-s à démontrer que même la « violation de domicile » ne pouvait être retenue dans
le cadre de l'occupation d'une institution ouverte au public. Maître Clémang, l'une des trois avocat-e-s, est par ailleurs revenue en détail sur la répression des militant-e-s politiques et les abus des Droits de l'Homme au Mexique, en s'appuyant notamment sur les récents rapports d'Amnesty International. Le délibéré sera rendu le 10 juillet.
Retour sur l'action
Rappelons que l'action incriminée s'était déroulée le 1ier septembre 2006, en marge des rencontres de l'Action Mondiale des Peuples qui rassemblait à Dijon des centaines de militant-e-s de divers pays européens. Elle visait à montrer une solidarité vis-à-vis des luttes à Oaxaca, région du Mexique autogérée pendant quelques mois par une assemblée populaire, dans le cadre d'un soulèvement massif visant entre autre à chasser le gouverneur tyrannique de la région. Les occupant-e-s voulaient dénoncer la répression sur place, et demandaient à ce qu'un communiqué de protestation soit envoyé à l'ambassade, ainsi qu'à l'état mexicain depuis le consulat.
Après des arrestations sélectives, à la couleur de peau notamment, et une garde à vue de quelques heures, six personnes ont été poursuivies sur différents
motifs (« violation de domicile », « vol aggravé » avec violences et en réunion) avec la volonté de criminaliser une simple occupation.
Les inculpé-e-s et le comité de soutien ont décidé d'appeler à un rassemblement devant le tribunal lors du procès, afin de ne pas laisser passer cette menace
sur les actions de solidarité, et plus spécifiquement les occupations. Ils et elles souhaitent par ailleurs continuer à visibiliser les luttes sociales au Mexique, mais aussi la répression terrible qui continue à sévir à Oaxaca depuis le soulèvement de l'an dernier.



